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États-Unis: La Fed relève ses taux et envisage d'autres hausses pour juguler l'inflation
information fournie par Reuters 17/09/2026 à 07:05
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Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, tient une conférence de presse à Washington

Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, tient une conférence de presse à Washington

par Howard Schneider

La Réserve fédérale (Fed) a, comme attendu, relevé mercredi l'objectif de taux des "fed funds", dans une fourchette de 3,75% ‌à 4,00%, et laissé entrevoir de nouvelles hausses des coûts d'emprunt dans les prochains mois, dans un contexte de flambée des cours du pétrole et d'hostilités accrues au Moyen-Orient.

La décision sur les taux a été prise à l'unanimité, est-il indiqué dans ​le communiqué publié par la banque centrale américaine à l'issue de sa réunion de deux jours de politique monétaire.

Cette hausse est à même de provoquer le mécontentement de Donald Trump, qui réclame de longue date une baisse des taux d'intérêt et qui a choisi à cette fin cette année Kevin Warsh pour diriger la banque centrale.

Au cours de sa conférence de presse après la publication du communiqué de la Fed, Kevin Warsh a déclaré n'avoir rien à dire sur une éventuelle discussion avec ​le président américain.

Il a en revanche souligné que "l'inflation rest(ait) trop élevée" et que le comité de politique monétaire de l'institution, le FOMC, "assurerait la stabilité des prix".

Dans son communiqué, la Fed a écrit que "la décision prise par l'institution favorisera un retour plus rapide à l'objectif (d'inflation) de 2% fixé par le comité" de politique monétaire.

"J'aurais du ​mal à qualifier les conditions financières générales de restrictives", s'est défendu Kevin Warsh. "Ce point de vue est largement partagé par ⁠le comité, c'est la raison pour laquelle nous avons réduit quelque peu notre politique accommodante", a-t-il ajouté.

Alors que Donald Trump est revenu au pouvoir à Washington en janvier 2025 en promettant de réduire l'inflation, l'impact combiné de ‌sa politique de droits de douane, du choc énergétique provoqué par la guerre lancée en février dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, et des investissements massifs dans l'intelligence artificielle (IA) a maintenu des pressions sur les prix suffisamment fortes pour que la Fed estime nécessaire de relever les coûts d'emprunt.

Volonté ferme de lutter contre l'inflation

D'après les nouvelles projections communiquées mercredi par la banque centrale, ​16 des 18 membres du FOMC prévoient au moins une hausse de taux supplémentaire, d'un quart ‌de point de pourcentage, d'ici la fin de l'année. Seuls deux membres tablent sur une stabilisation des taux à leur niveau actuel.

Le communiqué et les projections économiques ⁠de la Fed signalent que l'institution pourrait maintenir une politique monétaire plus stricte jusqu'à l'année prochaine, le taux directeur des "Fed funds" devant atteindre une fourchette comprise entre 4,00% et 4,25% d'ici la fin de l'année actuelle et se maintenir à ce niveau jusqu'à fin 2027.

"La décision prise aujourd'hui par la Réserve fédérale de relever ses taux d'intérêt d'un quart de point de pourcentage reflète sa ferme volonté de lutter contre une inflation persistante", a commenté Michele Raneri, responsable d'études sur les Etats-Unis chez ⁠TransUnion.

"Même si l'inflation s'est modérée par rapport à ‌ses niveaux records, elle est restée suffisamment élevée pour inciter le FOMC à prendre des mesures supplémentaires", a-t-elle ajouté.

Pour Dustin Reid, stratège en chef chez Mackenzie Investments, "la Fed est clairement déterminée à faire ⁠baisser l'inflation". "Si ce n'était pas une année électorale, il me semble évident qu'elle aurait voté deux hausses de taux consécutives", a-t-il dit. "Néanmoins, une nouvelle hausse est probable cette année et le risque est que nous en subissions une plus importante en ‌2027".

Même si le communiqué de la Fed ne donne aucune indication prospective sur ses prochaines décisions, conformément aux choix défendus par Kevin Warsh, la décision prise ce mercredi sur les taux devrait dissiper les doutes sur ⁠la volonté de son président de durcir la politique monétaire.

Le communiqué de la Fed ne mentionne plus que le niveau élevé actuel de l'inflation est attribué ⁠à des "chocs d'offre", notamment dans le secteur de l'énergie, un changement ‌de rhétorique qui reflète les inquiétudes des responsables de l'institution quant au fait que les pressions sur les prix sont désormais trop généralisées pour les ignorer.

Les nouvelles projections économiques des responsables de la Fed montrent que l'indice PCE des prix ​des dépenses de consommation personnelle, mesure privilégiée de l'inflation par l'institution, atteindra 3,7% d'ici la fin de l'année, contre une prévision de 3,6% ‌lors de la réunion de juin.

L'inflation ne devrait ainsi pas revenir à l'objectif de 2% avant 2029, soit un an plus tard qu'initialement prévu.

La prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis pour cette année a, quant à elle, été revue légèrement à la hausse, passant ​de 2,2% à 2,3%.

Le taux de chômage devrait s'établir à 4,1% en fin d'année, contre 4,3% prévu dans les projections fournies en juin.

Retournement à la baisse des indices boursiers

Sur les marchés financiers, les principaux indices de Wall Street ont reculé après les déclarations de Kevin Warsh, le S&P 500 cédant 0,7% et le Nasdaq perdant 0,3% alors qu'ils étaient tous deux légèrement en hausse auparavant.

Dans l'obligataire, le rendement des Treasuries à deux ans, particulièrement sensible aux anticipations de la politique monétaire ⁠de la Fed, a progressé de six points de base, à 4,725%, après avoir initialement reculé.

Les maturités à dix ans et 30 ans ont évolué en ordre dispersé, le premier gagnant un point de base, à 5,00%, le second reculant de 1,6 point de base, à 5,347%.

Aux changes, l'indice du dollar américain s'appréciait de 0,6%, à 100,25 points, face à un panier de devises internationales.

La Fed n'avait plus modifié ses taux depuis décembre 2025. Elle les avait à l'époque réduit de 25 points de base après des baisses identiques en octobre et septembre.

La hausse décidée mercredi est la première depuis 2023 et elle intervient alors que l'indice des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis a accéléré à 3,4% sur un an en août.

Une enquête Reuters, publiée lundi, montre que 86 des 101 économistes interrogés, soit 85%, anticipaient que la banque centrale américaine relèverait ses taux ce mercredi, tandis que les marchés financiers misaient à environ 94% sur cette probabilité.

(Howard Schneider, avec la contribution de ​David Lawder et Saeed Azharversion; version française Claude Chendjou; édité par Jean Terzian)

1 commentaire

  • 17 septembre 07:30

    Un qui ne doit pas être content du tout. Il a tout fait pour virer Powell pour mettre un homme à sa main, et voilà, il augmente les taux, vu l'inflation que provoque le canard. Pas content du tout le canard !


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